Très engagées dans la lutte contre la corruption (LCC) à Madagascar, les organisations de la société civile ont transmis une lettre ouverte au président de la République Andry Rajoelina, le 30 Avril dernier. Il s’agit d’une lettre sur la nécessité « urgente » de l’adoption de la loi sur le recouvrement des avoirs illicites.

Les organisations en question sont entre autres constituées de Transparency International Initiative Madagascar, Alliance Voary Gasy, ONG Tolotsoa, ONG Ivorary, le mouvement Rohy, Miel ou Mouvement pour l’Intégrité des Elections et des Leaders, Opta, CCOC et Msis Tatao.

Elles exhortent ainsi le chef de l’Etat à user de son pouvoir de légifération par voie d’ordonnance pour adopter la loi sur le recouvrement des biens illicites. Les organisations rappellent le Président sur son engagement numéro trois – la lutte contre la corruption – et l’opportunité « concrète » de le tenir.

Importance et risque

Dans sa lettre ouverte, les organisations de la société civile ont précisé que dans une lutte réelle contre la corruption, il est plus dissuasif et logique de confisquer les biens mal acquis. Cela crédibiliserait les actions menées et renforcerait également plus la confiance des partenaires techniques, financiers et l’opinion publique en la loi.

Par ailleurs, la non-adoption de la loi sur le recouvrement des avoirs illicites risquerait de faire tomber le pays dans la « liste grise » de la GAFI (Groupe d’action financière). Une situation fort indésirable qui entraînerait un « impact économique préjudiciable » pour Madagascar, tel que la méfiance du système bancaire international des actions venant du pays ou encore l’inflation déjà pénible.

En outre, en cas de divergences sur certains points, les organisations de la LCC invitent les acteurs concernés à un dialogue et des échanges pour trouver ainsi des compromis, sans « toutefois supprimer l’essence de la loi ».

Enfin, pour appuyer sa lettre, les organisations de la Société civile ont organisé une conférence de presse, à Antaninarenina, hier.

Crédit photo : ONG Tolotsoa